Une petite histoire de pas espagnol

Rédigé par Jean Magnan de Bornier - 21 août 2012

Après avoir vu beaucoup de preuves de la virtuosité du maître, j'ai été épaté un jour par une certaine manière d'apprendre le pas espagnol à un cheval. Bien sûr ce n'est pas un air très difficile à enseigner aux chevaux, mais les siens étaient vraiment très hauts et brillants.

Ce cheval lusitanien, dans le courant de 1976, était en cours de dressage; il appartenait à un professionnel belge et abordait quelques airs de haute école. D'un très beau bai cerise, ce cheval dégageait une impression de grande force et semblait parfois à la limite de la violence. Son propriétaire était lui-même parfois brusque et j'ai supposé que le maître préparait ce cheval pour qu'il accepte ce cavalier particulier et ses aides (une des particularités de ses dressages quand il savait qui monterait un cheval).

Bref, le propriétaire était attendu d'ici quelques jours et l'écuyer voulait que le pas espagnol s'ajoute au répertoire de cheval qui passageait déjà très bien (et sans doute piaffait aussi mais je n'en retrouve pas d'image dans ma tête). Je regardais tous les jours ce travail avec intérêt, au côté de Pam Goodrich, une excellente cavalière américaine qui était tout aussi intéressée. Après une rapide acquisition de la jambette (à pied), le travail se faisait monté, uniquement sous forme de jambettes isolées au pas. Après une foulée de pas avec jambette, quelques foulées de pas normal, et on recommence. La veille de l'arrivée du propriétaire, on vit des séries de jambettes à droite, ou à gauche, à chaque foulée: c'est-à-dire un pas dans lequel l'antérieur d'un côté marchait normalement alors que l'autre enchaînait des jambettes. Beau travail de préparation.

Le lendemain, devant son propriétaire, après quelques autres exercices, le maître présenta à chaque main un pas espagnol complet, sans la moindre hésitation du cheval. On aurait dit un vieux routier de cet air.

Ce que voyant, ma voisine et moi fumes tellement surpris que nous partimes d'un fou rire qui éclata comme une fausse note dans le manège... que personne ne comprit d'ailleurs, même pas le maître qui pourtant en était responsable.

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